Tous les rapports anaux non protégés ne sont pas tous considérés comme relevant du bareback !
Le bareback est une idéologie qui prône la prise de risque et la baise sans capote. Diverses raisons sont invoquées : le partage du virus comme marque d’amour ; le « vrai » plaisir, « naturel » opposé à un plaisir diminué qu’apporterait la baise avec capote ; la « liberté » de disposer de son propre corps ; le fait que le sida serait un danger moins sérieux qu’auparavant. Plus largement, le barebacking est le terme utilisé pour décrire les relations sexuelles entre hommes séropositifs sans préservatifs. Pour autant que ces hommes soient sous traitement avec une virémie indétectable et pas infectés par d’autres maladies, cette pratique est à risque restreint.
A côté de l’abandon des pratiques safe (relapse), le bareback suppose, lui, une véritable volonté de baiser sans capote et une argumentation pour la justifier. Le bareback a sans doute toujours existé, mais il est sorti de sa confidentialité à un moment où l’épidémie a changé de visage, du moins dans les pays développés.
Le bareback se présente volontiers comme un discours révolutionnaire : la liberté du corps contre la « morale » du tout capote. Mettre une capote n’est pas un acte qui entrave la liberté sexuelle, c’est un acte médical, un acte de protection, le seul moyen d’empêcher la contamination par le virus du sida.
Pourtant, de nombreux hommes homosexuels, qui se protègent la plupart du temps, ont envie d’avoir des relations sexuelles sans préservatifs pour de nombreuses raisons, la première étant de ne pas avoir de barrière de caoutchouc entre les corps car cela ne correspond pas à la volonté de fusion avec un partenaire. La transformation progressive, depuis quelques années, du VIH en maladie chronique favorise ce comportement. Ces hommes cherchent des solutions comme le dépistage mutuel, le choix des partenaires selon leur statut (serosorting) mais prennent des risques, du fait qu’environ 15% des homosexuels en Suisse sont séropositifs.
Si l’on regarde l’évolution de la pornographie homosexuelle ces dernières années, on peut constater que la demande pour du sexe sans préservatif est très forte. Les producteurs de films pornographiques répondent à cette demande par la production très importante de films non protégés (avec éjaculation dans la bouche et l’anus).
A notre avis, il ne faut pas exagérer le phénomène du barebacking et il faut réfléchir à ce comportement de manière plus large, par rapport à l’histoire du sida, l’histoire des autres infections sexuellement transmissibles comme la syphilis par ex., et l’histoire de la sexualité humaine. Le sida a traumatisé la vie des gays pendant 20 ans.
Toutes les études montrent que le nombre de rapports sexuels à risque augmente parmi la population homosexuelle masculine et l’épidémie est plutôt galopante. Les informations qui courent ou les rumeurs ne sont pas toujours de bon conseil…
• Tu prends des risques parce que…
Tu penses que le sida, ce n’est pas si grave que ça.
- Si tu es séronégatif.
Tu es peut-être mal informé sur la réalité actuelle du sida. Le VIH reste incurable. Les traitements ne font que limiter la réplication du virus. Leur efficacité est provisoire (à ce jour, 10 % des personnes traitées sont en échappement thérapeutique, c’est-à-dire que plus aucun traitement n’a d’effet). Les effets secondaires sont souvent handicapants (diarrhées, fatigues, lipodystrophies, dépression, etc.). Les risques pour ta santé sont réels.
- Si tu es séropositif
Tu sous-estimes peut-être la réalité d’autres IST (syphilis, gonococcies, etc…) qui ne peuvent qu’aggraver l’infection à VIH.
• Tu refuses les « contraintes de la prévention », de la capote et du gel.
Mais seule la capote, utilisée avec du gel lubrifiant à base d’eau, protège du sida et des IST (Infections sexuellement transmissibles). Les utiliser constamment peut être lassant, mais il n’y a pas d’alternative surtout avec des partenaires anonymes ou occasionnels.
• Tu sais déjà tout ça et tu assumes pleinement le bareback
Une épidémie ne peut être endiguée que si chacun fait un effort de prévention. En pratiquant le sexe sans capote, tu contribues directement à la propagation de l’épidémie.
- Si tu es séronégatif
Tu risques de te faire infecter par le VIH et de devoir suivre un traitement lourd, à vie. Tu risques aussi de contracter toutes les autres IST qui, outre le fait d’être handicapantes en elles-mêmes, facilitent la transmission du virus.
- Si tu es séropositif
Tu risques de transmettre le VIH à un séronégatif. Et tu risques de contracter une IST qui te fragilisera, ou de la transmettre. Comme indiqué plus haut, tu peux par ailleurs être infecté par un virus du sida différent du tien, qui aura muté et peut développer des résistances aux traitements, et te retrouver ainsi en échappement thérapeutique, à savoir que plus aucun médicament ne pourra freiner la progression du virus.
Dans tous les cas, n’oublie pas :
Que seul le préservatif, masculin ou féminin (Femidom), utilisé avec du gel pour les pénétrations anales, protège d’une infection au VIH et des principales IST.
Qu’en cas de prise de risques, tu dois te rendre le plus vite possible, et au plus tard sous les 48 heures, dans un service hospitalier d’urgence afin d’obtenir un traitement préventif (PEP) qui empêche l’infection.
Fais régulièrement un dépistage du VIH et des hépatites et des autres infections sexuellement transmissibles surtout si tu as beaucoup de partenaires sexuels différents!