Qui est concerné?
Impuissance, dysfonctions érectiles, troubles de l’érection… autant de qualificatifs pour un même problème qui toucherait un homme sur trois de plus de 40 ans. Influençant la qualité de vie des personnes concernées mais également de leurs partenaires, ces pannes peuvent être prises en charge. A condition d’en parler. Encore trop souvent qualifiée de manière péjorative “d’impuissance”, ce problème n’est pas si anodin.
Un manque d’information flagrant
Les dysfonctions érectiles sont définies comme étant l’incapacité constante ou récidivante d’obtenir et/ou de maintenir une érection pénienne suffisante pour permettre un rapport sexuel. Mais comment décrire ce qui arrive, quand on ne sait pas comment ça fonctionne ? Beaucoup d’hommes connaissent mal leur “mécanique intime”, qui, par conséquent, est souvent très entourée de mythes. Pourtant, démystifier permet souvent de parler beaucoup plus facilement…
Le fonctionnement est assez simple : Le tissu érectile peut se comparer à une éponge, composée d’alvéoles et entourée de fibres musculaires lisses, qui échappent au contrôle de la volonté. Quand ces fibres se relâchent, les alvéoles se remplissent de sang, ce qui va permettre à la verge d’augmenter de volume et d’acquérir une rigidité permettant la pénétration. A l’inverse, quand les fibres musculaires se contractent, cela expulse le sang contenu dans les alvéoles et la verge perd sa rigidité. Les troubles de l’érection peuvent aussi être simplement expliqués : Toutes les pathologies qui altèrent l’arrivée du sang artériel peuvent être sources de troubles de l’érection. Par exemple, une quantité trop importante de cholestérol va obstruer l’intérieur des vaisseaux, et va rendre le flux du sang moins aisé. L’érection sera donc plus difficile. Quant à l’anxiété, elle entraîne une contraction réflexe des fibres musculaires lisses, et va empêcher le remplissage des alvéoles et donc empêcher l’érection”.
Lorsqu’on souffre de troubles de l’érection, il est donc important d’oser consulter un médecin, pour ne pas rester seul, et car il existe des solutions. Mais aussi car il ne faut pas oublier qu’un trouble de l’érection peut précéder ou accompagner des maladies métaboliques ou psychiatriques.
Les composantes de la santé sexuelle masculine
Depuis 1974, l’Organisation mondiale de la santé a souligné l’importance de la santé sexuelle en tant que composante du bien-être auquel chaque individu a droit : “L’individu possède des droits fondamentaux, dont le droit à la santé sexuelle et au plaisir, et le pouvoir de contrôler son activité sexuelle et reproductrice en fonction d’une éthique sociale personnelle” (OMS, 1974).
La santé sexuelle masculine regroupe cinq principales composantes : le désir, l’excitation, l’orgasme, la satisfaction et l’éjaculation. Ainsi, les dysfonctions peuvent être classées en troubles du désir, de l’érection, de l’éjaculation, de l’orgasme et de la sensibilité. Parmi ceux-ci, le dysfonctionnement érectile est celui qui altère le plus la qualité de vie.
Les dysfonctions érectiles (DE) sont sans nul doute liées au vieillissement. Ainsi, le nombre de cas et la fréquence de la DE augmenteront avec l’allongement de l’espérance de vie. Mais l’âge n’est pas le seul coupable, ainsi d’autres facteurs le plus souvent modifiables influencent directement sur l’apparition de troubles érectiles.
D’autres facteurs de risque
Dès que notre organisme souffre, notre sexualité peut en pâtir. Pour des raisons anatomiques, biochimiques ou d’altération des artères, certaines pathologies ou traitements peuvent entraîner des troubles de l’érection : diabète, maladies de la prostate, hypertension, séropositivité au VIH/sida.
Outre ces causes organiques, les troubles de l’érection peuvent avoir pour origine des problèmes psychologiques. Même si cette distinction est bien souvent trop simpliste, elle se traduit dans la perception qu’ont les hommes qui en souffrent. Selon une récente enquête, les hommes de moins de 45 ans relient leur condition à la fatigue et au stress, alors que les plus de 45 ans (de même que les hommes très concernés par la pathologie) accordent une place plus importante au vieillissement et à certaines pathologies (hypertension artérielle, problèmes de prostate et autres problèmes cardiovasculaires).
On reconnaît aujourd’hui que les DE ont bien souvent une origine multifactorielle, les causes psychologiques venant aggraver des origines organiques.
Des solutions existent !
Mais la plupart de ces facteurs sont modifiables et peuvent être traités. La prise en charge des troubles sexuels peut la plupart du temps se faire en parallèle sans difficulté, à condition d’en parler… La vaste étude MALES (Men’s Attitude on Life Events and Sexuality) menée dans 8 pays, a permis d’interroger entre février et avril 2001, 27 839 hommes âgés de 20 à 75 ans sur leurs caractéristiques et leur attitude face aux dysfonctions érectiles. Dans cette population, 16 % présentait des troubles de l’érection et parmi eux la moitié seulement souhaitait prendre un traitement. Contrairement à une idée reçue, les seniors n’étaient pas moins demandeurs, la résignation à toute activité sexuelle n’est pas d’actualité. En résumé, l’âge n’avait pas d’influence sur la motivation à prendre un traitement.
Conseils
Difficulté à aborder le sujet face à votre médecin ? Peur du tabou ?… Si ce problème altère votre qualité de vie, sachez qu’aujourd’hui de nombreuses solutions existent. L’essentiel reste de faire le premier pas en allant consulter.
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Quelle est la fréquence des troubles érectiles ?
La plupart des hommes doivent faire face au moins une fois dans leur vie à des difficultés à obtenir et/ou maintenir une érection digne de ce nom. La fatigue, le stress, la maladie ou l’alcool sont parmi les causes les plus fréquentes.
L’impuissance permanente est très rare chez les hommes jeunes, mais la fréquence augmente avec l’âge. Après 40 ans, les troubles se font plus fréquents. Entre 40 et 70 ans, de 30 à 50 % des hommes souffrent de problèmes d’érection. Et pas moins de 19 % des hommes de tout âge ont souvent ou parfois des problèmes d’érection.
Y a pas d’âge pour la panne !
Quelles sont les causes avancées ? Qui sont ces hommes et quelles solutions leur proposer ?
Evolution des mœurs, liberté de parole… Le discours sur le sexe n’est aujourd’hui plus aussi secret. Héritage machiste ou psychologie toute masculine, les hommes jeunes aiment conter leurs “performances”, sans craindre l’escalade. Mais sont-ils pour autant épargnés par les pannes ?
Dans un contexte de culte de la performance, on imagine mal les hommes jeunes avouer facilement des déficiences sexuelles. Et bien surprise ! Une enquête révèle qu’ils sont prêts à reconnaître leurs faiblesses dans ce domaine. Réalisée auprès de 1 000 hommes de 25 à 40 ans, elle témoigne d’une ampleur inattendue du phénomène des pannes sexuelles dans cette tranche d’âge, puisque deux hommes sur cinq seraient concernés.
Plus précisément, 39 % des hommes de 25 à 40 ans ont déjà eu une panne sexuelle. Cette proportion est la même dans la population générale, toutes tranches d’âge confondues. Pas de privilège de l’âge donc… Dans le détail, 26 % ont connu des pannes de manière occasionnelle et 12 % n’en ont connu qu’une fois. “Dans ce dernier cas, la panne n’est pas une pathologie, mais une réaction à un moment de la vie, le symptôme du couple à un moment de son évolution”. Mais quelle est leur réaction face à ces coups du sort ?
Une génération angoissée
Dans la grande majorité, les hommes jeunes dédramatisent la panne sexuelle en la présentant comme un phénomène banal. Les raisons invoquées sont essentiellement d’ordre psychologique : stress, soucis d’argent et problèmes professionnels sont au cœur du trouble. Autre résultat étonnant de l’étude : 22 % des hommes ayant connu une panne une fois l’attribuent à un abus de substances diverses. Alcool, cigarette, drogues ou médicaments sont alors incriminés.
Mais cette minimisation de la panne est-elle réelle ? En réalité les pannes sexuelles sont très préoccupantes pour l’homme de moins de 40 ans. En façade, il en minimise l’incidence, mais l’importance qu’il accorde à une aide médicale révèle une vraie souffrance psychologique dans le vécu de la panne occasionnelle.
Les résultats de l’enquête montrent que certains hommes vivent leur trouble comme une vraie douleur psychologique. Ainsi, 20 % des hommes concernés disent en avoir souffert et 20 % disent anticiper une nouvelle panne. Ces craintes sont parfois à l’origine de troubles futurs selon le principe du cercle vicieux des troubles de l’érection.
Dédramatisez !
L’évolution de la société et l’avènement de traitements efficaces lèvent peu à peu le voile d’une maladie trop souvent taboue. Malgré cela, les victimes sombrent encore trop souvent dans un mutisme dangereux. Pour en finir avec ces problèmes d’érection, le premier pas consiste à en parler !
Troubles de l’érection : pourquoi est-il si difficile de consulter ?
S’il est facile de parler de sexe en général, il n’est pas forcément facile de parler du sien… surtout quand il vous laisse tomber. Pour oser dire à un médecin qu’on souffre de troubles de l’érection, il faut souvent surmonter de nombreuses difficultés. Quelles sont-elles, et comment peut-on les contourner ?
Peur du ridicule, méconnaissances, mythes ou croyances personnelles, les obstacles à franchir sont nombreux avant de passer la porte du cabinet médical… Et une fois la porte passée, on attend souvent désespérément que le médecin aborde le sujet en premier.
Alors, est-ce vraiment l’érection qui fait la virilité ?
Un trouble de l’érection, en plus de perturber la sexualité, a souvent des répercussions sur toute la qualité de vie. Sentiment d’échec, de honte… qui aboutit à un repli sur soi, première barrière à la consultation. L’homme se sent dévalorisé, diminué, et n’a plus le sentiment d’être un homme. Il est “impuissant”. Car pour l’occidental, la puissance, c’est l’érection. Et même si le terme d’impuissance est aujourd’hui remplacé par celui de dysfonction érectile, les représentations culturelles sont très fortes, très ancrées quand il s’agit de sexualité masculine. Pourtant, dans d’autres cultures, la notion de puissance est plutôt liée à l’éjaculation…
L’homme, en situation de souffrance, peut aussi craindre la réaction de son médecin, craindre que celui-ci ne le prenne pas au sérieux, ne reconnaisse pas son inquiétude, et qu’il lui réponde que “c’est la fatigue, ça va passer” ou que “c’est dans la tête”. Il peut aussi avoir peur de ne pas trouver les mots.
Des sujets tabous et une répercussion sur la relation de couple
Si l’on est gêné pour parler de sexualité, c’est aussi parce qu’elle signifie parler de plaisir, de son intimité. De plus, “quand on parle de dysfonction érectile, on entre dans l’intimité relationnelle. La grande majorité de ces troubles ont un retentissement sur la relation avec le partenaire. Votre compagnon, préoccupé par le problème, ne se sent plus désirable, pense que vous ne l’aimez plus, que vous avez un amant… La distinction entre relation sexuelle et relation amoureuse est souvent difficile à faire. Et pourtant, il peut y avoir un lien affectif très fort, du désir, mais pour autant, pas d’érection.
Alors, vaut-il mieux consulter seul, ou en couple ? Cela dépend des causes, des personnes et des couples…
Mythes et croyances autour de la sexualité
La difficulté de parler des troubles de l’érection est aussi liée à des mythes, à des croyances. On croit ainsi que “la sexualité s’arrête avec l’âge” et que l’on ne peut rien y faire. Ce n’est donc pas la peine d’en parler, puisqu’on n’a plus qu’à l’accepter. Faux ! La sexualité ne s’arrête pas forcément et il existe des médicaments…
Il ne faut pas oublier que ces médicaments ne fonctionnent que s’il y a du désir sexuel. Ils ne sont parfois qu’un relais, pour aider à reprendre confiance en soi et à sortir du cercle vicieux.
La sexualité représente un aspect fondamental de la vie. Une détérioration affecte directement la qualité de vie des personnes souffrant de troubles de l’érection mais également de leurs partenaires. Craignant la panne, l’homme a tendance à se sentir dévalorisé ou coupable face à une impuissance même passagère. Certains hommes préféreront se refermer sur eux-même, évitant toute tendresse. Cette attitude conduit inévitablement à une dégradation de la vie de couple. Pour éviter d’en arriver là, des traitements existent mais le premier pas consiste à en parler à son médecin-généraliste qui saura vous informer et vous aider à retrouver une bonne qualité de vie.