Je ne pense qu’au sexe!!
Il n’y a pas que la recherche du plaisir à long terme et consommation du plaisir immédiat, il y a aussi souffrance et désordre psychique dans une réelle phase d’addiction sexuelle. Il peut s’agir de relations addictives avec une demande constante de la présence de l’autre, ou d’une sexualité addictive ou l’autre est réduit à un objet partiel (surconsommation de partenaires sexuels).
Quelques troubles et symptômes : distorsion cognitive, émotion stressante, passage à l’acte, plaisir immédiat et culpabilité quasi systématique.
Nous pouvons ainsi séparer : l’addiction au corps et à la sexualité, véritable sexualité addictive (tant par un comportement sexuel excessif, que par un comportement sexuel anormal) de l’addiction à l’être (relation addictive dans la dépendance à l’autre) nous pouvons ainsi tout à fait bien imaginer sur le plan clinique de retrouver différentes formes : addiction partielle au corps, addiction totale au corps, addiction au sujet, addiction à la relation, à l’autre, addiction à la relation entre le sujet et l’objet.
Avant d’aborder la clinique des addictions sexuelles, il est essentiel de rappeler qu’il y a souvent plusieurs addictions avec ou sans drogues associées en même temps.
L’addiction ancre une réalité dans le vide environnant, que ce soient les pensées obsédantes, les substances externes, le jeu, les dépenses, les rapports sexuels, les relations affectives, les fantasmes. L’absence d’ancrage crée l’angoisse, le stress, la panique qui sont des signes du vide, du manque.
Addiction au corps et à la sexualité (addiction avec comportement sexuel excessif et addiction avec comportement sexuel anormal.)
a) L’addiction avec comportement sexuel excessif (masturbation compulsive, consommation excessive … ) en faisant évidemment attention à l’aspect moralisateur d’un tel concept. Elle est reconnue comme étant une situation assez fréquente. Nous devons faire attention à ce diagnostic d’addiction sur le seul fait que le patient n’entre pas dans le cadre de nos standards sexuels.
Dans certaines circonstances, la personne est confrontée à son propre corps et à ses propres compulsions de manière ritualisée, répétée et partielle : “c’est plus fort que moi, je n’y peux rien, cela va au delà de ma volonté, je suis incapable de maîtriser, de contrôler”, “j’existe quand je contrôle sa sexualité, son plaisir”, “je n’en suis jamais rassasié”, “je suis pris par mon corps, il me faut tout maîtriser de mon sexe”.
Nous retrouvons certains éléments sémiologiques importants : la boulimie des rapports sexuels et des comportements sexuels systématiques dans un isolement affectif fréquent, la recherche obsédante, répétée dans un but de plaisir immédiat ou de soulagement d’anxiété, l’acte sexuel qui est maîtrisé pour rechercher et contrôler le comportement sexuel en tant que tel. Le soulagement n’est évidemment que temporaire avec une grande culpabilité et souffrance qui suivent la crise. Le comportement est souvent caché, vécu dans un contexte de faible estime de soi. La place de l’autre est à analyser en tant que telle, que celui-ci soit absent (par peur, par évitement, par désintérêt) ou qu’il soit présent, dans ce cas, seule une partie de l’autre (notamment son sexe) est utilisée.
b) L’addiction avec comportement sexuel anormal. Le vécu s’effectue dans un cycle obsession/compulsion avec passage à l’acte, soulagement et répétition comme dans chaque addiction mais on entre dans le cadre des déviations sexuelles avec culpabilité : “je me dégoûte, mais j’en ai besoin, c’est mon seul plaisir, cela me rassure, je ne peux faire autrement”.
Sur le plan clinique, nous retrouvons une tension intérieure avec une obligation de passage à l’acte, une recrudescence des idées obsédantes et des rituels pour accentuer le plaisir et l’effet anxiolytique. La répétition des comportements addictifs, le syndrome de manque (si impossibilité de passage à l’acte), la focalisation sur certains stimuli externes (sexe, fétiche … ), le déni de la réalité, la rationalisation fréquente, l’envahissement de la vie ordinaire, l’isolement affectif et un vide social, une incapacité à choisir, une inexistence complète d’autonomie et d’individuation sont les autres signes retrouvés dans ce type d’addiction.
La drague compulsive avec partenaires multiples : il y a recherche constante ou balayage de l’environnement d’un partenaire éventuel, recherche sans relâche pour trouver, conquérir et satisfaire des exigences sexuelles. Une exigence insatiable de partenaires multiples dans une stratégie de maîtrise de l’anxiété et du maintien de l’estime de soi. Ce sont de véritables dragues rituelles et créatrices d’un état de transe avec des partenaires utilisés comme des choses. Il souligne que ce comportement sexuel et un état morbide avec des troubles narcissiques, schizoïdes (drague sur internet, parks, etc).
Aide
Il y a beaucoup de questions relatives à la ou aux définitions qui déterminent le terme d’addiction ou de dépendance sexuelle. Quoiqu’il en soit, il est important si vous vous questionnez sur vos comportements sexuels de prendre contact avec des personnes compétentes qui évalueront avec vous, la problématique.
Consultation sexologique des HUG
Dr. Rollini
Rue des Pitons 15
CH-1205 Genève
sur rendez-vous: 022 372 85 81
Fondation Phénix
Dr Marina Croquette-Krokar
100, route de Chêne
1224 Chêne-Bougeries
022 869 40 40
Groupe de parole DASA
Dépendants Affectifs & Sexuels Anonymes
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