La LGV est la Lymphogranulomatose vénérienne, une forme de chlamydia
Important :
• La LGV peut causer de graves infections anales et des organes génitaux.
• Sont plus en danger les hommes baisant sans préservatif ou pratiquant le fist-fucking sans gant. Les personnes séropositives au VIH/sida sont plus à risque que les autres.
• La LGV se traite facilement lorsqu’elle est dépistée précocement.
Qu’est-ce que la LGV ?
La lymphogranulomatose vénérienne (LGV) ou maladie de Nicolas-Favre est une IST très contagieuse. Cette infection est d’origine tropicale. Elle est endémique dans certaines régions d’Afrique, en Amérique centrale et du Sud, et dans les Caraïbes. La LGV a fait son apparition dans les darkrooms hollandais en avril 2003 puis s’est répandue dans le reste de l’Europe et en Amérique du Nord. Les premiers cas en Suisse ont été diagnostiqués à Zurich et à Genève.
Elle touche principalement les hommes, actifs principalement dans la scène “cuir”, pratiquant le fistfucking sans gant, en majorité séropositifs pour le VIH/sida, certains d’entre eux ayant d’autres IST.
La LGV est une infection provoquée par une bactérie particulièrement agressive de la famille des chlamydia, provoquant chancres, pustules, puis infection des ganglions et des organes génitaux.
Comment se transmet la LGV ?
Par contact entre une muqueuse infectée (anus, rectum, gland, bouche, gorge) ou un liquide sexuel infecté (sperme, liquide pré-séminal, ou suintement plus ou moins purulent du pénis, de l’anus ou de la gorge) avec une muqueuse d’une personne saine. Les doigts, des objets non désinfectés ou ayant déjà été utilisés avec d’autres partenaires peuvent être porteurs d’un liquide infecté. Le plus souvent sont en cause :
• Baiser ou se faire baiser sans capote
• Fistfucking sans gant
• Accessoires (dildo, butt-plug, embout de douche anale, etc.) mal nettoyés et/ou mal désinfectés. Evite, dans tous les cas, de partager des accessoires!
• Rapports sexuels avec plusieurs partenaires sans la précaution élémentaire de changer de capote ou de gants avec chaque partenaire
Comment se manifeste la LGV ?
LGV primaire (stade I)
De 3 à 30 jours après avoir été infecté apparaît une petite blessure indolore (ulcération, vésicules) où les bactéries sont entrées (bouche, urètre, gland). Parfois cela passe inaperçu, sauf pour l’urètre (canal allant de la vessie et à l’extrémité du gland): la LGV provoque alors une sensation de brûlure en urinant.
La LGV est très contagieuse et ne guérit JAMAIS sans un traitement antibiotique adapté.
LGV secondaire (stade II)
De 2 à 6 semaines après l’infection, tu peux avoir une infection des ganglions (souvent à l’aine), provoquant douleur et fièvre. Des abcès et des écoulements de pus provenant des fistules sont possibles, pour moins d’un patient sur trois. Des maux de tête peuvent aussi se produire.
La LGV anale provoque une inflammation douloureuse de l’anus (écoulement de sang, pus), avec des difficultés pour aller à la selle. Elle peut provoquer des abcès et des ulcères anaux accompagnés de fièvre.
La LGV dans l’urètre provoque une sensation de brûlure en urinant, accompagné parfois par des ganglions à l’aine pouvant devenir purulents et très douloureux.
La LGV dans la bouche provoque une inflammation de la gorge persistante et douloureuse accompagnée parfois par des ganglions autour du cou, parfois sous les bras (aisselles).
LGV tertiaire (stade III)
La LGV non traitée est une infection grave pouvant causer de sérieux problèmes de santé. Au niveau anal, des excroissances ressemblant à des hémorroïdes peuvent apparaître, ainsi qu’une infection des organes génitaux, une intervention chirurgicale peut être nécessaire en urgence pour éliminer les abcès.
Comment la diagnostiquer ?
Le diagnostic n’est pas toujours évident à établir et s’appuie souvent sur l’histoire rapportée par le patient. Il est important de prêter attention aux signes et symptômes suggérant une LGV, surtout qu’ils ressemblent beaucoup à ceux d’autres IST, d’autres infections, de réactions médicamenteuses et de tumeurs malignes. Si tu perçois des signes qui donnent à penser qu’il pourrait s’agir d’une LGV, tu peux te faire diagnostiquer en consultant la policlinique de dermatologie des HUG, spécialisée dans le dépistage et le traitement des IST, ou t’adresser à ton médecin traitant ou encore à Checkpoint. Il existe certains tests que ton médecin peut faire pour tenter de confirmer la LGV, comme un prélèvement local de l’écoulement, s’il existe (urètre, anus, gorge), une recherche de chlamydia dans l’urine, parfois un test sanguin recherchant les anticorps anti-chlamydia (sérologie chlamydia trachomatis).
Quel est le traitement ?
Jusqu’au deuxième stade, la LGV se traite facilement avec 21 jours d’antibiotique (doxycycline) et ne laisse aucune séquelle. Ce traitement n’immunise pas (ne protège pas) contre une nouvelle contamination.
Au troisième stade, une intervention chirurgicale peut être indispensable, suivie de 4 à 6 semaines d’antibiotique. Des interventions chirurgicales réparatrices peuvent être nécessaires par la suite.
Si tu as été infecté par une LGV, il est important d’aviser tous tes partenaires sexuels des 60 derniers jours afin qu’ils puissent recevoir un traitement de doxycycline.
Comment se protéger ?
Il n’y a pas de vaccin et la LGV peut s’attraper plusieurs fois.
Les meilleurs moyens demeurent :
• La capote. Change de capote à chaque partenaire !
• Les gants pour le fistfucking. Change de gants à chaque partenaire !
• Une hygiène rigoureuse des mains et des accessoires sexuels (dildo, gode, butt-plug, embout de douche anale, nécessaire à lavement).
À la moindre douleur, accompagnée de fièvre et d’inflammation anormale de l’anus, ou des organes génitaux, il est important de consulter. Tu dois naturellement faire une pause dans tes activités sexuelles jusqu’à la guérison complète et informer ton ou tes partenaire(s) afin de le(s) faire bénéficier d’un traitement préventif systématique.
Ce qu’il faut savoir !
Comme toutes les IST, la LGV fragilise les muqueuses, et les saignements qu’elle provoque favorisent la transmission du virus du sida (VIH), de la syphilis, de l’hépatite C et des autres IST.
Si tu es séropositif pour le VIH, le risque de complications est plus important.
Qu’on soit séronégatif ou séropositif, il est important d’être attentif à sa santé ! La politique de l’autruche n’a jamais sauvé personne !